Rome Total War

Par Attila

Rome Total War est un jeu se déroulant à l’époque de la Rome ancienne. Ce jeu vous met aux commandes d’un empire, composé de cités et d’armées. Pour ceux qui n’ont pas joué aux Total War précédents, ce jeu en reprend le même principe. À savoir, un niveau stratégique tour par tour et un niveau tactique où vous dirigerez vos troupes sur le champ de bataille.

Niveau stratégique

La carte stratégique en 3D, une innovation à résultat variable

Le niveau stratégique semble plus complexe que dans les versions Total War précédentes. Or, ce n’est pas le cas. Vous devez encore construire des bâtisses pour évoluer et construire des armées pour défendre cet empire. Dans les Total War précédents, la carte était de type Risk, c'est-à-dire en 2D et il s’agissait alors de glisser les armées d’une province à l’autre pour attaquer. Dans Rome : Total War, la carte est maintenant en 3D et chaque parcelle de terrain représente un champ de bataille potentielle. Vos unités sur la carte dépendant de leurs compositions peuvent bouger dans cet environnement plus ou moins vite. Pour contrôler une province, il s’agit de prendre une cité d’assaut. Mais la conséquence de cet environnement ouvert est néfaste par rapport au Total War précédent. En effet, le plus souvent le joueur peut se permettre de complètement ignorer les armées ennemis hors des cités, pour simplement attaquer les cités pour avancer ainsi de province en province. Le siège des cités ayant comme conséquence d’attirer l’intelligence artificielle (AI) qui viendra à ce moment vous attaquer avec toutes ses armées pour faire lever le siège, abandonnant ainsi toute action contre votre territoire. De plus, la majorité du territoire est inutile puisque l’AI cherche aussi à attaquer directement vos cités. Il n’y a que lorsque l’ennemi voit qu’il est trois fois plus nombreux que vos troupes qu’il se permet d’attaquer vos armées alors que d’autres fois, il attaque avec des armées qui n’ont pas la capacité de vous dissimer un grand nombre de troupes. Aussi, dépendant du niveau de difficulté l’AI est plus portée à attaquer vos armées. Mais, à very hard l’AI, elle vous attaque à répétition avec des armées qui ne font souvent pas le poids, car leur nombres est souvent inférieur.

Un bon système de diplomatie, rendu quasi inutile

Les développeurs du jeu nous avaient aussi promis une diplomatie plus complexe. Mais dans les faits, il semble quasi impossible de conserver longtemp une alliance et surtout pas une alliance avec un voisin. Les seuls alliances possibles étant avec des factions que vous ne rencontrerez probablement que vers la fin du jeu étant donné qu’ils sont à l’autre bout de la carte. Aussi, il est quasi impossible pour le joueur de conserver la paix sur ses frontières. Toutefois, il est difficile de déterminer si cela a été fait dans l’intention d’encourager le joueur à s’étendre, mais si c’est le cas, ça marche. C’est pourquoi vous aurez l’impression d’être Genghis Khan, lançant ses multiples expéditions punitives créant ainsi un immense empire qui n’était pas dans votre ambition initialement. Bien que pour certains joueurs cela puisse être divertissant, il est regrettable que le seul moyen d’être en paix soit la complète éradication d’un ennemi.

Un ordinateur qu triche sans subtilité

Au niveau de la portion administrative du jeu, le jeu comporte un arbre technologique qui vous fait progresser. Cet arbre est bien fait et vous permet de produire diverses unités. Là où le problème se pose, c’est notamment dans le développement des villes des factions adverses. Il est commun de capturer une ville barbare, avec une population de 500 habitants, qui est rendue à un niveau de développement demandant une population d’au moins 6000 habitants. Cette population étant généralement maintenue basse par une production ridiculement élevée de troupe de la part de l’ordinateur. Or, lorsque vous capturez ces villes, elles peuvent produire des troupes meilleures que les vôtres. Étant donné qu’il est très long et fastidieux d’augmenter la population de vos villes, cela s’avère un peu frustrant. En plus, vous devez vaincre un nombre important d’armées ennemies qui ne semblent en aucun cas souffrir du nombre incalculable de défaites. Le joueur sera aussi confronté, au niveau stratégique, à une quantité phénoménale de bateaux que l’ordinateur produit en vain, puisqu’une fois de plus il s’agit de les contourner pour atteindre son objectif et l’ordinateur n’arrive que rarement à faire des blocus portuaires vraiment dommageables à votre économie.

Les combats entre armées

Un adversaire utilisant mal ses forces

Le niveau stratégique n’est qu’un niveau du jeu et le niveau des combats est celui que les développeurs nous ont le plus vendus. Dans l’ensemble, le combat est fort impressionnant, on peut souvent se surprendre à oublier de jouer et observer le magnifique carnage sous nos yeux. Les soldats se battent réellement, et bloquent les coups qu’on leur porte. Les charges de cavalerie ont un impact impressionnant. La chose la plus impressionnante étant la charge d’éléphant dans des formations denses. Voir l’armée ennemie voler dans les airs est toujours satisfaisant, ou encore décourageant lorsque c’est la vôtre. Le moral des troupes est aussi déterminant ainsi que leurs expériences. C’est donc un jeu qui a un système de combat avec une base solide. Le problème c’est que l’AI utilise de manière lamentable ses troupes. En effet, la principale stratégie de l’ordinateur, toute faction confondue, est de faire une longue ligne avec ses troupes. De plus, la AI, a tendance à épuiser ses troupes, tout particulièrement lorsque vous êtes à la défense. Le résultat s’avère peu glorieux. En effet, lorsqu’il arrive à portée de vos unités d’archés ou de javelots, l’effet est dévastateur. Ainsi, il n’est pas rare d’attendre l’ennemie sur vos positions défensives et voir l’ennemi, totalement fatigué et démoralisé, paniqué sans réellement combattre. Or, au niveau de difficulté le plus difficile, comme indiqué précédemment, l’ordinateur a tendance à attaquer vos armées à répétition avec des armées inférieures en nombre. Le résultat étant un nombre de victoires faciles assez impressionnant, qui ne semblent pas nuire à la population ennemie. Cette débandade étant de manière généralisée indépendamment des niveaux de difficulté, rend un nombre important de combats inutiles. Les développeurs ont alors eu le génie d’implanter l’Auto battle, qui existait déjà dans les Total War précédents. Donc lorsque vous êtes lassé de toutes vos victoires faciles, qui ont monté votre général au sommet absolu de la connaissance militaire, vous pouvez être tenté par l’Auto Battle. Or, votre général qui a vaincu 5 armées dans le même tour, s’avérera un total ignorant dans l’Auto Battle et donc perdra probablement contre une armée inférieure à la sienne, cela étant particulièrement vrai dans le cas du niveau de difficulté Very Hard et dans le cas des sièges.

Un intelligence artificielle douteuse en situation d'assault contre un ville

Les sièges, comme mentionné plutôt, sont un aspect important du jeu. Vous devrez donc souvent attaquer les villes et plus rarement défendre les vôtres. L’attaque s’avère plutôt satisfaisante, car l’AI défend bien les murs contre vos troupes. Il est donc difficile de se rendre au centre de la ville et la capturer. Toutefois, lorsque vous acceptez de confier des troupes voisine à l’AI pour venir vous aidez, celle-ci s’avère d’être d’une stupidité déconcertante. En effet, le général AI va de manière assez certaine allez mettre ses troupes sous les tours de fortifications, permettant la perte d’un nombre important de vos troupes qui ne peuvent pas véritablement riposter contre les tours puisqu’elles sont des bâtiments, et il est donc inutile de les détruire. Maintenant en ce qui concerne le siège de vos villes. Il est à noter que généralement l’AI n’attaque que des villes mal protégées avec rarement plus de 6 bataillons. Ce fait peut laisser croire que c’est injuste et que la défense sera impossible. Or, il n’en est rien. En effet, l’AI doit se rendre au centre de la ville pour capturer la cité. Généralement vos villes seront protégées par des murs mais en fait il est inutile de défendre ces murs. La raison est bien simple, en les défendant, vous divisez vos troupes qui alors meurent en plus grand nombre. Il ne s’agit en fait que de défendre les rues ou encore la seule rue par laquelle l’ennemi passe dans la ville. De cette manière, l’ennemi perdra des soldats en prenant les murs tout en s'épuisant lorsqu’il rentrera en contact avec vos troupes, paniquera aisément. Dans le cas où il ne panique pas, il perdra un nombre important de troupes contre votre bouchon de troupes. Il est fort à parier que ces troupes une fois paniquées se réorganiseront et reviendront se faire tuer. Le siège de vos cités, s’avère donc un des meilleurs moyens pour éliminer les armées ennemies alors qu’il devrait en être tout autrement. Sur la carte stratégique, il peut arriver que l’ennemi ouvre vos portes de ville grâce à un espion. Cela devrait vous rendre la tâche plus difficile. Or, il n’en estt rien, une fois de plus, lorsque l’ennemi ouvre la porte ainsi, il n’y a plus de doute sur l'endroit où l'ennemi va passer, c'est-à-dire la porte-en-avant de lui. Dans ces conditions, il ne s’agit que de faire une formation en U devant la porte, les laissant entrer et réussir à les tailler en pièce. Cette stratégie est d’autant plus efficace avec des phalanges. En effet, les phalanges sont des formations, quasi impénétrables. Vous pourrez donc massacrer l’ennemi, derrière ce mur de lances sans difficulté, pouvant mener à 1600 ennemies morts, contre 3 soldats de vos troupes et cela même dans le cas où l’ennemi a des éléphants.

Des territoires peu propices au batailles

Autre aspect négatif par rapport au champ de bataille, est la nature des terrains offerts lors des combats. La majorité des terrains ne sont pas des terrains favorables à un combat. Le relief étant généralement composé soit d’une plaine sans avantage ou d’une butte au milieu de champ de bataille. Aspect ridicule, dans le cas où un général défend, tout peut laisser croire que celui-ci aurait tôt fait de prendre les hauteurs et non pas s’installer dans une pente qui va contre ses troupes.

Promesse de bataille énorme

Le marketing du jeu vous vante que les batailles peuvent atteindre jusqu’à 10 000 soldats sur le même champ de bataille, bien que ce soit vrai, le lag qui en découle, même sur des machines performantes, rend la chose peu probable. Ainsi, les batailles ne dépasseront que rarement 5000 soldats sur le champ de bataille, étant donné le lag qui découle d’un plus grand nombre. Néanmoins, 5000 soldats restent un nombre impressionnant à voir et sont tout à fait divertissants.

Le principal problème de Rome Total War, reste que ce dernier possède des faiblesses qui viennent ruiner ses forces. Il ne répond donc pas aux ambitions que ses Fans avaient pour ce jeu qui avait beaucoup plus de potentiel que le résultat obtenu.

Un communauté très active

La communauté de Fan de ce jeu est toutefois déterminée à l’améliorer. Aussi, un nombre assez important de mod ont été créés par la communauté, qui viennent modifier beaucoup d’aspects du jeu. Certain de ces mods viennent tenter de règler certaine des faiblesses présentées précédemment alors que d’autres transforment complètement le jeu. Mais une chose est certaine, ces mods prouvent qu’il y a des talents dans cette communauté. Une fois de plus, il y a une faiblesse qui peut être observée chez les développeurs du Rome Total War. Lorsque vous installez un mod, pour le désinstaller il faut généralement désinstaller tout le jeu, pour le réinstaller à neuf après, situation absurde, car la création d’un dossier mod et d’un gestionnaire de mod aurait été facile. Aussi, l’absence de certaines unités qui ont maintenant été débloquées par les moders, est regrettable dans la version du jeu normal. Et enfin, il est incompréhensible que certaines factions ne soient pas jouables par défaut et qu’il faille avoir recours à des mods pour les débloquer.

Conclusion

Bien que ce survol de Rome : Total War ne soit pas très élogieux et fait ressortir un grand nombre de faiblesses. Il est important de savoir que ce jeux est clairement un des meilleurs jeu de stratégie existant sur le marché actuel et donc malgré toutes les critiques précédentes nous vous recommendons fortement d’acheter Rome : Total War car malgré toutes ces faiblesse, c'est un genre dont on ne se lasse jamais totalement même après plusieurs années.